Avant-métré et métré
| Avant-métré | Métré | |
|---|---|---|
| Quand | avant les travaux | pendant ou après les travaux |
| Sur quoi | les plans et les pièces écrites | les ouvrages réellement exécutés |
| Pour quoi | estimer, consulter, remplir un DQE ou une DPGF | établir les situations et le décompte |
Dans la pratique, on dit souvent « métré » pour les deux. La méthode de calcul est la même ; ce qui change, c'est la source des dimensions : les cotes du plan d'un côté, les mesures prises sur le chantier de l'autre.
Ce qu'il faut avant de commencer
- les plans de chaque niveau, avec leur échelle, et les coupes pour les hauteurs ;
- le CCTP ou le descriptif, qui définit les ouvrages et leurs règles de métré ;
- la décomposition en lots et en postes du DQE ou de la DPGF quand elle existe déjà : l'avant-métré doit la suivre ligne à ligne.
Le tableau d'avant-métré
Un avant-métré se présente en tableau, une ligne par calcul élémentaire. Les colonnes usuelles :
| Colonne | Contenu |
|---|---|
| N° de poste | le repère de l'ouvrage, identique à celui du DQE ou de la DPGF |
| Désignation | l'ouvrage et sa localisation (niveau, pièce, façade) |
| Unité | m³, m², ml, U, kg ou forfait |
| Nombre | le nombre d'éléments identiques |
| Longueur, largeur, hauteur | les dimensions retenues, en mètres |
| Quantité partielle | le produit de la ligne, avec un signe moins pour une déduction |
| Quantité totale | la somme du poste, reportée au DQE ou à la DPGF |
Chaque ligne doit pouvoir être relue par quelqu'un d'autre : d'où vient la cote, quelle partie du bâtiment, quelle règle de déduction. Un avant-métré qu'on ne peut pas vérifier ne vaut pas mieux qu'une estimation au ratio.
Exemple : fondations et murs d'une maison
Une maison rectangulaire de 10,00 × 7,00 m à l'axe des murs, sur semelle filante de 0,50 × 0,30 m, avec des murs en blocs de 2,50 m de haut, une porte de 0,90 × 2,15 m et trois fenêtres de 1,20 × 1,25 m :
| Poste | Désignation | Unité | Calcul | Quantité |
|---|---|---|---|---|
| 1.1 | Semelle filante béton armé | m³ | 34,00 × 0,50 × 0,30 | 5,10 |
| 2.1 | Murs en blocs, brut | m² | 34,00 × 2,50 | 85,00 |
| 2.1 | à déduire : porte | m² | 1 × 0,90 × 2,15 | − 1,935 |
| 2.1 | à déduire : fenêtres | m² | 3 × 1,20 × 1,25 | − 4,50 |
| 2.1 | Murs en blocs, total | m² | 78,57 |
Le périmètre est pris à l'axe des murs : (10,00 + 7,00) × 2 = 34,00 m. Mesuré à l'extérieur, chaque angle serait compté deux fois sur l'épaisseur du mur ; mesuré à l'intérieur, il manquerait. L'axe compense les angles d'un ouvrage linéaire comme une semelle ou un mur.
Exemple : une chambre en second œuvre
En second œuvre, l'avant-métré se fait pièce par pièce, au nu intérieur des murs. Une chambre de 3,50 × 3,20 m, de 2,50 m sous plafond, avec une porte de 0,83 × 2,04 m et une fenêtre de 1,20 × 1,25 m :
| Ouvrage | Unité | Calcul | Quantité |
|---|---|---|---|
| Revêtement de sol | m² | 3,50 × 3,20 | 11,20 |
| Plafond | m² | 3,50 × 3,20 | 11,20 |
| Murs, brut | m² | (3,50 + 3,20) × 2 × 2,50 | 33,50 |
| à déduire : porte | m² | 0,83 × 2,04 | − 1,69 |
| à déduire : fenêtre | m² | 1,20 × 1,25 | − 1,50 |
| Murs, net (peinture) | m² | 30,31 | |
| Plinthes | ml | (3,50 + 3,20) × 2 − 0,83 | 12,57 |
Les trois dimensions de la pièce suffisent à tout le second œuvre : la surface donne le sol et le plafond, le périmètre multiplié par la hauteur donne les murs, le périmètre moins les seuils donne les plinthes. Ici, toutes les ouvertures sont déduites ; certains marchés ne déduisent pas les petits vides, et c'est le CCTP qui fixe la règle. Sur un logement entier, le même calcul se répète pour chaque pièce, puis les quantités se regroupent par ouvrage dans la DPGF.
Les unités par type d'ouvrage
| Ouvrage | Unité habituelle |
|---|---|
| Terrassements, béton de fondation, dallages épais | m³ |
| Maçonnerie, enduits, cloisons, sols, peinture, faïence | m² |
| Plinthes, bordures, chaînages, gouttières | ml |
| Portes, fenêtres, appareils sanitaires, prises | U |
| Aciers pour béton armé | kg |
Le CCTP ou les règles de métré du marché peuvent imposer une autre unité : c'est alors elle qui compte, car le prix unitaire s'y rapporte.
Les règles qui évitent les erreurs
- suivre un ordre fixe, celui de l'exécution ou celui du DQE, pour ne rien oublier et ne rien compter deux fois ;
- noter les déductions sur des lignes à part, avec leur signe, plutôt que de les intégrer de tête dans une dimension ;
- appliquer partout la même règle de déduction des vides, celle des pièces du marché ;
- pour les terrassements, distinguer le volume en place du volume foisonné : la terre extraite occupe plus de volume qu'en place, et l'évacuation se chiffre sur ce volume augmenté ;
- arrondir les quantités totales, pas les quantités partielles ;
- comparer le total à un ordre de grandeur connu (surface de plancher, ratio par m²) avant de l'envoyer.
Sur papier, sur tableur ou sur logiciel
Le tableur reste l'outil le plus répandu : une feuille par lot, les colonnes du tableau ci-dessus, et des formules qui font les produits et les sommes ; un modèle de tableau de métré Excel gratuit reprend cette structure. Il ne mesure rien : les cotes sont relevées sur le plan à la main. Un logiciel de métré mesure directement sur le plan, garde le lien entre la quantité et l'endroit mesuré, et recalcule quand le plan change d'indice.
Avec Metrea
Metrea fait l'avant-métré pièce par pièce à partir du plan : sols, murs nets des ouvertures, plafonds, plinthes, faïence, cloisons et menuiseries. Chaque quantité garde son origine, lue sur le plan, mesurée sur le contour ou à confirmer, et le métré s'exporte en Excel pour être repris dans votre propre tableau. Le plan exemple montre ce relevé sur une maison de plain-pied, sans compte.
Questions fréquentes
- Qui réalise l'avant-métré ? L'économiste de la construction ou le métreur, pour la maîtrise d'œuvre, afin d'estimer le projet et de préparer la consultation. L'entreprise refait souvent le sien pour chiffrer son offre.
- Avant-métré et quantitatif, quelle différence ? Le quantitatif est le résultat : la liste des quantités par poste. L'avant-métré est le calcul détaillé qui le justifie, ligne par ligne.
- Faut-il refaire l'avant-métré à chaque indice de plan ? Seulement pour ce qui change. Garder une ligne par pièce et par ouvrage permet de repérer les lignes touchées par la modification et de ne recalculer qu'elles.
- Une surface écrite sur le plan suffit-elle ? Elle fait foi pour le sol de la pièce, car l'architecte l'a calculée sur le dessin d'origine. Les murs, les plinthes et les plafonds demandent encore le périmètre et la hauteur.